dimanche 23 août 2026

Ponant

Au Ponant



 

 
Là-bas, vers le Ponant, le jour s'abandonne,
Et la mer recueille une dernière lueur ;
Le ciel, comme un miroir que le crépuscule étonne,
Se teinte doucement de rose et de douceur.

Les rochers, dans le soir, ont des formes de veille,
Noirs gardiens silencieux d'un rivage oublié ;
La mer vient à leurs pieds, paisible, et puis s'éveille
En longs frémissements sur la pierre mouillée.

Nul navire à l'horizon, nul appel, nul passage,
Seulement l'infini qui s'étend devant moi ;
Et le Ponant, là-bas, au bout de ce rivage,
Semble avoir suspendu le temps autour de soi.

Bientôt le dernier feu disparaîtra du ciel,
La nuit refermera ses ailes sur la terre ;
Mais quelque chose encore, dans ce soir éternel,
Retient le jour mourant au bord de la lumière.

Je reste là, songeant que depuis tant de siècles
Les hommes ont regardé ce même Occident,
Cherchant dans le couchant, au-delà des mers,
Ce que l'horizon cache et que poursuit le vent.

Et lorsque enfin le soir aura gagné la mer,
Que le ciel sera noir et les flots assoupis,
Je garderai longtemps, dans le silence amer,
Cette dernière lueur du Ponant endormi.
 

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