Retour dans le passé
| "2026" Le repérage n'est pas toujours facile... |
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En ce monde, rien ne reste, tout s'écoule, tout passe comme l'ombre ! Nous sommes soumis, nous aussi humains, à la loi de l'éternel devenir, et, comme nous, nos images vieillissent. Nous retrouvons, nous devinons sous leurs rides ce qu'elles étaient jadis ; mais l'émotion qu'elles nous ont causée, nous ne la ressentons plus : nous avons beau nous frapper le cœur, il n'en sort plus rien ; nous avons beau souffler sur les tisons, la dernière étincelle est morte étouffée par les cendres d'une vie qui se consume. Qui ne s'est affligé de ne pouvoir savourer de nouveau certaines ivresses qui ne grisent qu'une fois ? Qui ne s'est plaint de ne pouvoir rajeunir ses amours ? Qui ne s'est obstiné à chercher du regard, dans ses souvenirs, quelque chose, quelqu'un, d'à jamais disparu ?
Victor Cherbuliez - Le comte Alexandre de Hubner et ses souvenirs (1891)
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Le Passé
Le passé dort parfois au fond de nos mémoires,
Comme un vieux chemin creux perdu sous les saisons ;
Il suffit d’un parfum, d’un murmure dans le soir,
Pour qu’il ouvre soudain la porte des maisons.
Un clocher dans le lointain, une vieille fontaine,
Le rire d’un enfant courant dans les prés,
Et voici que revient, légère et incertaine,
Une image oubliée que l’on croyait fanée.
Les visages d’alors nous regardent en silence,
Sur des photographies jaunies par le temps ;
Ils avaient leur jeunesse, leurs rêves, leur espérance,
Et nous les retrouvons quelques instants.
Et lorsque vient le soir, dans le calme retrouvé,
Un parfum, une chanson, fait trembler la mémoire ;
Le temps semble s’effacer, soudain apprivoisé,
Et l’enfance revient doucement dans le soir.
Ni demander au temps de refaire son chemin ;
Je garde simplement les heures envolées,
Comme un peu de soleil au creux de mes mains