Les avons nous oubliés
D'autres ont ils peur de subir le même sort qu'ils ont vécus ?
Ceux que la terre n’oublie pas
Ils marchaient avant les routes droites,
Avant les murs et les barbelés,
Quand les plaines étaient des voix ouvertes
Et le ciel, un livre à écouter.
Le bison traçait leur horizon,
Le vent portait leurs noms secrets,
Chaque rivière était une chanson
Que l’on apprenait sans jamais l’écrire.
Ils savaient parler aux saisons lentes,
Lire dans la cendre et la rosée,
Et remercier la vie brûlante
Dans chaque souffle partagé.
Puis vinrent les cartes sans mémoire,
Les mots gravés qui coupent la terre,
Et l’on changea leurs chants en histoire
Qu’on raconte sans les entendre faire.
On prit leurs terres, leurs langues, leurs dieux,
On leur donna des silences forcés,
Mais dans leurs yeux veille encore le feu
D’un monde que rien n’a effacé.
Car la mémoire est une racine,
Plus forte que l’acier des lois :
Elle traverse les années assassines
Et refleurit là où l’on ne voit pas.
Alors, écoute — dans le vent des plaines,
Dans le tambour qui bat la nuit :
Ceux qu’on croyait perdus ou enchaînés
Sont la terre même… et vivent en elle, aujourd’hui.
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